Entre Sète et Paris
Tombé sans grâce du ciel mais resté de blanc,
Voilà bientôt un an qu'un ange m'a ravi ;
Il me montrait en riant les rues de Paris,
On s'y tenait par la main comme des enfants.
Je l'ai emmené voir la mer recommencée,
Diotime nous soufflait que l'amour est manque ;
Avec moi, d'adieux en adieux, faisait-il blanque
Alors qu'à la gare il pleurait – frêle protée ?
L'éternel été aura déserté son cœur,
Mais ses ruines demeurent en mon esprit,
Où pas un jour je n'ai erré, sans un bruit,
À l'affût d'un cri, d'un appel, d'un mot sauveur.
J'avais placé en lui mon soleil et ses rêves,
Et je suis heureux s'il a jeté à l'abime
Cette boule difforme, triste, l'égoïsme !
Et si un éclat luit encore sur la grève.
Pourquoi la douleur atteint-elle durement
Les plus ternes figures d'illustres Romains ?
Dans l'ombre marine où j'écris des vers d'airains,
J'attends l'Autre qui m'approchera en passant,
Demain.
Voilà bientôt un an qu'un ange m'a ravi ;
Il me montrait en riant les rues de Paris,
On s'y tenait par la main comme des enfants.
Je l'ai emmené voir la mer recommencée,
Diotime nous soufflait que l'amour est manque ;
Avec moi, d'adieux en adieux, faisait-il blanque
Alors qu'à la gare il pleurait – frêle protée ?
L'éternel été aura déserté son cœur,
Mais ses ruines demeurent en mon esprit,
Où pas un jour je n'ai erré, sans un bruit,
À l'affût d'un cri, d'un appel, d'un mot sauveur.
J'avais placé en lui mon soleil et ses rêves,
Et je suis heureux s'il a jeté à l'abime
Cette boule difforme, triste, l'égoïsme !
Et si un éclat luit encore sur la grève.
Pourquoi la douleur atteint-elle durement
Les plus ternes figures d'illustres Romains ?
Dans l'ombre marine où j'écris des vers d'airains,
J'attends l'Autre qui m'approchera en passant,
Demain.
