Bandelettes (triptyque)
1
I
Du haut, Khéops, de tes quarante siècles,
Tu nous regardes avec des yeux tors ;
Anubis fait au temps passer les corps…
Des tombeaux, le tabac, l’or, et les aigles
Sculptés, aux froids reliefs des mastabas,
Veillent encor quelque antique momie,
Née à ce peuple où vie en fut honnie,
Et le monde vrai un enfer très bas…
Etrange engeance ! Et les sphinx et les sphinges
Se sont assis dans nos rêves profonds ;
Ils sont tapis là, derrière nos fronts ;
… On est mort si longtemps !
L’envie est brève.
… On est mort si longtemps,
Grave est la sève…
… On est mort si longtemps ;
L’on est des singes…
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
II
En moult reptations sinusoïdales
Se contorsionne un sombre esprit serpent
Dont les réflexions, simples mais létales,
Peuvent servir de corde à qui se pend.
Si Quetzalcóatl possède votre âme
Et Tezcatlipoca le bas du corps,
C’est qu’une cabale aztèque se trame ;
Et vous poussez, peut-être, au champ des morts.
Partout est l’Inca, l’Egyptien, l'Olmèque...
Et la magie opaque des yeux creux,
De Teotihuacan jusqu’à La Mecque,
Vitreusement, du sarcophage ocreux,
Sucera toujours l’essence de l’être,
Avec l’affable rire décharné
De ceux, trempés dans l’or et le salpêtre,
Succubes-rois d’un éternel armé…
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
III
Tout futur sûr, reste affolant, noir, vain ;
Pauvre pensant ! pauvre matière étroite ;
Triste route au néant promise - et droite !
Finalité penchée au-dessus du ravin ;
Fluet petit poisson dans la mer - alevin -
Timide existence, anxieuse et coite !
Générations gigognes ! - tout s’emboîte -
Ne reste-t-il qu’à s’enivrer, devin ?
Il n’est, feu longuement, rien qui ne ressuscite !
Même Osiris, les mains sur le plexus,
Telle praxis, l’horreur des anciens us.
Du haut, Khéops, de tes quarante siècles,
Tu nous regardes avec des yeux tors ;
Anubis fait au temps passer les corps…
Des tombeaux, le tabac, l’or, et les aigles
Sculptés, aux froids reliefs des mastabas,
Veillent encor quelque antique momie,
Née à ce peuple où vie en fut honnie,
Et le monde vrai un enfer très bas…
Etrange engeance ! Et les sphinx et les sphinges
Se sont assis dans nos rêves profonds ;
Ils sont tapis là, derrière nos fronts ;
… On est mort si longtemps !
L’envie est brève.
… On est mort si longtemps,
Grave est la sève…
… On est mort si longtemps ;
L’on est des singes…
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
II
En moult reptations sinusoïdales
Se contorsionne un sombre esprit serpent
Dont les réflexions, simples mais létales,
Peuvent servir de corde à qui se pend.
Si Quetzalcóatl possède votre âme
Et Tezcatlipoca le bas du corps,
C’est qu’une cabale aztèque se trame ;
Et vous poussez, peut-être, au champ des morts.
Partout est l’Inca, l’Egyptien, l'Olmèque...
Et la magie opaque des yeux creux,
De Teotihuacan jusqu’à La Mecque,
Vitreusement, du sarcophage ocreux,
Sucera toujours l’essence de l’être,
Avec l’affable rire décharné
De ceux, trempés dans l’or et le salpêtre,
Succubes-rois d’un éternel armé…
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
III
Tout futur sûr, reste affolant, noir, vain ;
Pauvre pensant ! pauvre matière étroite ;
Triste route au néant promise - et droite !
Finalité penchée au-dessus du ravin ;
Fluet petit poisson dans la mer - alevin -
Timide existence, anxieuse et coite !
Générations gigognes ! - tout s’emboîte -
Ne reste-t-il qu’à s’enivrer, devin ?
Il n’est, feu longuement, rien qui ne ressuscite !
Même Osiris, les mains sur le plexus,
Telle praxis, l’horreur des anciens us.
