Auprès du Mont Fuji
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Dans la ruelle vide
S'entend socles de bois
C'est la Geisha torride
Rentrant près de chez toi
Son éventail magique
Au son de la musique
A bercé les convives
De la fête, un peu ivres
Son chant si gracieux
A caressé l'oreille
Du géant de l'oseille
Dans la nuit jusqu'aux cieux
Elle va, le dos droit
Son kimono de soie
Semble glisser, caresse
En une douce ivresse
C'est l'automne à présent
Et les érables roux
Se penchent à genou
En révérence lente
Sur son pas si menu
De pluie et de vertu
Petits socles de bois
Rangés devant sa porte
Cérémonie du thé
Déjà fort commencée
Elle rêve au printemps
Quand les cerisiers blancs
Fleuriront en belle orbe
Robes des champs alors
Se couvriront de rose
En pompons enchanteurs
Feront frémir les coeurs
Confettis tous en prose
Au temple zen là-haut
Le bonze et son rateau
Dessinent sur le sable
L'infini d'une vague
