Souvenir
4
Il me revient, je ne sais où, quand le temps pèse
Au corps déjà blessé par d'écumeux frissons,
Quand du présent trop lourd s'effilochent les sons,
Quand deux yeux presque éteints grelottent sous la glaise,
Maints paysages neufs... vierges de tout malaise,
Quelque part, comme vibre un afflux de chansons,
Comme une aurore sainte et fertile en moissons,
Comme un cœur dont la foi baigne dans la fournaise.
Là, parmi les étés, les grands étés si chers,
Mes prunelles buvaient l'or jeune des monts verts ;
J'étais le pâtre nu, le mage qui ne souffre
Aucune brèche ou faille entre hier et demain ;
Car pour chasser la nuit et l'enfer et le gouffre,
Mille éclats de soleil éclaboussaient ma main.
Au corps déjà blessé par d'écumeux frissons,
Quand du présent trop lourd s'effilochent les sons,
Quand deux yeux presque éteints grelottent sous la glaise,
Maints paysages neufs... vierges de tout malaise,
Quelque part, comme vibre un afflux de chansons,
Comme une aurore sainte et fertile en moissons,
Comme un cœur dont la foi baigne dans la fournaise.
Là, parmi les étés, les grands étés si chers,
Mes prunelles buvaient l'or jeune des monts verts ;
J'étais le pâtre nu, le mage qui ne souffre
Aucune brèche ou faille entre hier et demain ;
Car pour chasser la nuit et l'enfer et le gouffre,
Mille éclats de soleil éclaboussaient ma main.
