Si j'avais moins d'une heure pour décrire l'océan, je parlerais des éclats de sel sur les rochers, de la régularité, du pêcheur hirsute amoureux des digues, de l'élégance des goélands dont on ignore tout du sommeil, du charme des derniers reflets et du tango de l'écume.
Je n'aurais jamais pensé accorder autant de cœur à un spectacle sans intention, à une symphonie sans partition. Un tout autre monde où je ne pourrais vivre sans y laisser ma vie. Un tout autre monde auquel j'adresse à terme quelques prières. En vain, probablement. Mais qui sait, l'énigme de l'existence est peut être contenue dans la brièveté des soleils verts.
