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Ma journée
1

Sept heure quarante-cinq, je sors de mon lit,
A moitié défoncée, à cause de ma courte nuit.
Oui je n’ai pas beaucoup dormi…

Je prends une culotte, des chaussettes,
Deux t-shirts, un pantalon et un pull.
Oui, je suis frileuse,

Je passe trente minutes à répéter,
Mets ta culotte, mes tes chaussettes,
Les fesses sur le tapis et les chaussures sur le carrelage.
Bisous par-ci, bisous par-là, et hop il est parti.

Je pourrai dire ouf, mais non,
Il est huit heure trente et je pense déjà au goûter.

Neuf heures, à quoi bon se tracasser ?
Je fais une petite sieste de trois heures.
Le travail ? Je lâche du lest, ma cadence sera modeste.

Midi, un café pour sortir de ma léthargie.

Treize heures trente, j’éteins la télé,
Ça y est, le journal télévisé m’a bien agacée.

Un petit tour dehors pour humer mes fleurs,
Et me voilà déjà devant mon ordinateur.
Pas besoin d’être coiffée, ni lavée,
A la maison, personne ne pourra me toiser.
Je passe l’après-midi à ressasser et à rêvasser.

Seize heure vingt, un gros obstacle à braver,
La maîtresse et les parents d’élèves à croiser.
Je mets mon bonnet,
Pour que mes oreilles ne soient pas gelées,
Mon jeans et mon beau manteau ;
Jusqu’au cou je suis cadenassée,
Pour que d’une allure débraillée,
Mon fils ne soit pas embarrassé.

Dieu que, pour ce garçon,
Je suis prête à me décarcasser !
Quoi ? Ce n’est pas assez ?
Il ne faut pas trop me demander.

Seize heures quarante-cinq,
Petit bilan de la journée.
Et n’oublions surtout pas le goûter,
Sinon l’oisillon va bouder.
Il m’informe que les devoirs ne cessent de l’agacer,
Et moi je suis forcée de l’écouter.

Derrière le goûter, le souper va s’enchaîner.

Vingt heures quarante-cinq,
Je commence à supplier, puis à menacer,
De ne pas encore s’entêter à ne pas vouloir se coucher.
Vingt et une heures vingt,
Il est enfin dans les bras de Morphée.

A moi toute la soirée,
Mais à quoi vais-je bien l’occuper ?
Un peu de poésie pour les sens,
Un brin de philosophie pour l’essence,
Un peu de labeur pour l’existence,
Et surtout un océan de futilités sans consistance.

Le temps, je ne l’ai pas vu passer.
Quatre heures du matin,
Il n’est pas raisonnable de rester encore éveillée.
J’aurais pourtant bien aimé prolonger.
J’éteins la lumière, un soupir, un dodo,

Sept heure quarante-cinq, je sors de mon lit,
A moitié défoncée à cause de ma courte nuit,
Oui je n’ai pas beaucoup dormi…

Là, tout de même, je vous prie d’avouer,
Qu’à Sisyphe vous pouvez me comparer

Je prends une culotte, des chaussettes,
Deux t-shirts, un pantalon et un pull…

© Poème posté le 12/04/2023 par Nini

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