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Comme une mendigote
1

Où êtes-vous ,champs de mon enfance,
que le bouton d'or s'ouvrait,à ma marche,
chemin faisant, par mes pas, nonchalance,
que de ruelles endormies s'ouvrant comme une arche.

Je ne sais ta voix qui soufflait comme une herbe
frissonnante, au grès de la bise ,légère,
la feuille jaunissante qui me foisonnait le verbe
au son d'un rouge-gorge ,qui volait dans les airs.

Derrière la chaumière ,que la paille ensoleillait ,
lui donnait une odeur au gout de vanille ,
elle ouvrait la porte, presque émerveillée,
son regard se posait sur une fenêtre en grille.

Elle n'avait que sur son dos ,son baluchon
qu'elle transporta, sur la route fleurie
fatiguée de sa longue route, s'étendit
sur l'édredon de foin qui fut entassée si bon.

Elle ne savait plus qui elle était, lasse,
comme une veille fagoteuse au capuchon noir,
qu'aurais-t-elle appris, de plus, de mots salaces
non, elle est partie, sans rien dire, ,désespoir.

Elle se sentait perdue au milieu d'un monde si fou, eux, qui voulaient la regarder ,comme une catin ,
mais elle ne l'était pas, son honnêteté était un malin
elle était si sage, le paradis blanc jusqu'au saint.

Laissez la vivre le temps de sa superbe et de sa discrète,
elle, qui savait taire les réticences de l'infortune.
Elle erre le long des champs, seule et bien bête,
les tournesols lui sèment leur bonjour, même à la lune

Les cailloux lui entrent dans le soulier abimé,
et l'usure de sa vieille redingote marine,
lui cachait le visage de l'insulte disgraciée,
telle une mendigote, qui cherchait famine.

J'erre encore dans les rues, à peines éclairées, je reviens vers une raison si appauvrie d'un lourd secret, que le temps n'avait plus de prise de mes bras, chaleur
seule,oui,seule,le divin a pardonnait l'erreur.

Elle tait tous les silences de ces coeurs chéris
se penchant pour ramasser la feuille d'automne tombée, du grand arbre à pin, vert de gris,
le fin humus des feuilles jonchaient la ruelle qui tonne.

Fine est la pluie, battant sur ses tempes châtaines,
le regard plongeait sur la nuit noire, lunaire.
Elle ouvre le portail de sa demeure, pauvre en vain et se couche, attendant le lendemain sans hier.
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© Poème posté le 08/04/2023 par Samyelle

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