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Mon vieux monde
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Dans mon vieux monde, je m’enlise,
Un monde si familier, si étranger.
A mesure que je le regarde, mes yeux se remplissent de néant.
Puis par moments, comme par enchantement, je perçois la beauté,
Aussi éphémère qu’un rayon de soleil,
Qui aussitôt disparait pour me replonger dans mes démons.

Dans cette sphère de déjà-vu qui m’engloutit,
Tout se répète, tout tourbillonne, cela m’étourdit.
Une odeur mortifère sature mon atmosphère.
Ni j’avance, ni je recule, au changement je suis austère.
Heureuse tout de même de m’envaser en solitaire,
Sans juge, sans témoins, et sans nul autre partenaire.

Végéter, stagner, moisir, sont des privilèges qu’on a failli m’arracher.
Mais, à coup de tout ce qui m’a ravagée,
J’ai gagné de la société mon retrait.
J’ai fait le choix de ne plus "productiver",
Et celui des soirées mondaines m’extirper.
Je reste là à oblomotiver, et au grès de mes envies,
Avec mes briques de mosaïque, je crée.
Sinon, je m’amuse à écouter mes mots, tels des versets, s’égrainer ;
Des fastes que je voudrais éternellement garder.

Avec moi-même ; en si bonne compagnie,
Loin des autres qui cherchent à faire de moi un réduit,
Les autres ; source de tous les mépris.
Loin d’eux, je ne suis rien, je suis tout,
Je suis liberté, instabilité, je suis sans aucune unité,
Je suis l’univers, le ciel, les étoiles ; tout cela à la fois.
Je suis une poussière ou peut-être un débris.
Heureuse, seule, puis triste; irrégulière.
Affranchie, sans avis, sans réelle envie ;
Telle est ma meilleure vie.

© Poème posté le 05/04/2023 par Nini

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