Souvenirs de jeunesse
1
Guidée par quelques gens sur des routes plongées dans le brouillard et la déprime, ces chemins si longs qu’ils finissaient toujours par s’effondrer dans le vide, j’étais au bord des falaises de mots courants sur des routes de papier.
C’était nous, emmitouflés dans l’enfance pour endurer ces hivers, les ciels gris coulant sur les terres plates du bassin minier. C’était les monts de charbon où pousse encore l’ aubépine et quelques ronces enracinées sur ces houillers ensevelis sous 30 ans d’oubli.
Des restes de terre humide accrochés à mes semelles pour en faire de l’encre à pleurer aujourd’hui. On en aura fait des kilomètres sur ces chemins de vie. Depuis le bord des falaises des caps blancs brisant la Manche en éclat d’écume polluée jusqu’à que ce que tout s’écroule 20ans plus tard sur mon clavier.
Je suis une enfant de ces gares engouffrant les brumes, une gamine des villes périphériques où les pavillons de crépis neuf défiaient les cités de briques bâties jadis pour les ouvriers polonais. C’était nous sur ces pavés, armées de ce que l’on avait à 15 ans pour flinguer chaque désillusion. quelques photomatons en noir et blanc, des canettes de Coca light imbuvables, des aspiration de liberté, jusqu’à ce que nos insurrections se corrigent d’un trait d’eye liner sur nos yeux d’adolescentes prêtes à tout pour être aimées. C’était eux, et leur monde qui s’offrait au 21eme siècle telle une putain violée. La crise économique, les lieux impassibles au temps laissant à jamais les ruelles intactes sous le pas de ceux qui s’éloignent sans se retourner. Les adultes suicidés du système retrouvés inertes à l’aube sur les chemins de notre enfance, et nos yeux charbonneux traçant des sillons de larmes noires sur les joues comme sur l’amitié. C’était leur discours pesant sur le marbre scellé.
Le vent a soufflé de Saint-Omer jusqu’au port de Calais où se noient certainement beaucoup de rêves.
C’était nous, emmitouflés dans l’enfance pour endurer ces hivers, les ciels gris coulant sur les terres plates du bassin minier. C’était les monts de charbon où pousse encore l’ aubépine et quelques ronces enracinées sur ces houillers ensevelis sous 30 ans d’oubli.
Des restes de terre humide accrochés à mes semelles pour en faire de l’encre à pleurer aujourd’hui. On en aura fait des kilomètres sur ces chemins de vie. Depuis le bord des falaises des caps blancs brisant la Manche en éclat d’écume polluée jusqu’à que ce que tout s’écroule 20ans plus tard sur mon clavier.
Je suis une enfant de ces gares engouffrant les brumes, une gamine des villes périphériques où les pavillons de crépis neuf défiaient les cités de briques bâties jadis pour les ouvriers polonais. C’était nous sur ces pavés, armées de ce que l’on avait à 15 ans pour flinguer chaque désillusion. quelques photomatons en noir et blanc, des canettes de Coca light imbuvables, des aspiration de liberté, jusqu’à ce que nos insurrections se corrigent d’un trait d’eye liner sur nos yeux d’adolescentes prêtes à tout pour être aimées. C’était eux, et leur monde qui s’offrait au 21eme siècle telle une putain violée. La crise économique, les lieux impassibles au temps laissant à jamais les ruelles intactes sous le pas de ceux qui s’éloignent sans se retourner. Les adultes suicidés du système retrouvés inertes à l’aube sur les chemins de notre enfance, et nos yeux charbonneux traçant des sillons de larmes noires sur les joues comme sur l’amitié. C’était leur discours pesant sur le marbre scellé.
Le vent a soufflé de Saint-Omer jusqu’au port de Calais où se noient certainement beaucoup de rêves.
