Costa-Rica
La lisière de la forêt se noyait dans la mer, j’ai marché jusqu’aux rochers. Les vagues avaient recraché là le parvis des abysses, criblé de sel et de sentiments ravalés. Écrin de solitude immergé au bord de l’équateur. Combien de voyageurs égarés furent les ermites de ce rivage ? La marée enlaça la plage noire, l’enchaînant le temps d’un soir aux récifs oubliés. L’horizon saignant de rouge s’est fondu dans l’azur tropical, je me suis allongée, en contrebas les roches volcaniques déchiraient l’océan. Toutes mes émotions se sont distillées entre les déferlantes. J’étais déjà malade depuis longtemps, perdue, suffisante, brisée, aussi libre que vulnérable au bord de l’abîme. J’ai laissé nos lambeaux de souvenirs au Pacifique dans l’espoir que quelqu’un nous retrouve. Le ciel aurait alors pu s’écrouler sur les cimes de cette jungle, un océan de plus avalant la terre comme promis. Plus jamais je n’ai connu d’aussi belle fin du monde.
