Il y a toujours un poète à la frontière
3
Le poète est transparent tant il voyage d'une entité à l'autre en s'accrochant désespérément au bras du tu, du vous ou du nous, de tout ce qui fait l'autre, de tout ce qui fait sien. Poches vides mais tête pleine, il a la richesse du peu et la pauvreté du tout lorsque dans son Eden il s'abreuve au calice du vin béni. Ainsi ivre, il arpente les routes de son imaginaire, seul pays où les frontières sont dépourvues de barrière, d'interdit et d'hymne fier, conquérant, souvent guerrier.
Enfant du monde, il a le pas hésitant, voire statique. Cela lui permet des haltes improvisées où il puisse, en marge de la société, les troubles de ses contemporains. Il en recrache, sans renâcler, les travers ostentatoires d'une société qui s'agrippe aux convictions qu'on lui vend sans état d'âme. Errant souvent, en suivant le vent, il sait que les ballons rouges de l’enfance franchissent sans peine toutes les frontières des songes dès que l’adolescence pose son manteau d’ange au pic de l’âge adulte. Tétanisé, alors il réalise que les fourmis rouges ne sont que l’âme noire des gens pressés qui œuvrent à la destruction du monde. Lors de ses pas de côtés, Il prend conscience que les frontières ne sont que des traits dessinés sur des cartes routières qui mènent là où souvent on pense le monde plus grand.
Le poète est transparent tant il se nourri de ses rêves, tant il suit du regard le vol des mouettes ou la fuite d’un voilier sur le bleu de l’océan. Dans ces instants T, souvent il a la gorge nouée de tant de privation. À la frontière de l’amour, il hésite et il préfère le silence pour ne pas réveiller les chemins de l’insouciance, ainsi pour lui les frontières de l’acceptable deviennent les murs de son refuge.
Comme lui, je n’ai pas eu de ballon rouge et mon cœur est resté à la frontière de l’invisible. Comme lui je n’ai rien demandé lorsque j’étais gosse et les billes dans mes mains filaient se perdre dans des trous de sable creusés dans des terrains vagues, là où il n’y avait pas de frontière. Déjà prisonnier d’un monde qui me heurtait je restais en marge pour observer le théâtre fou où les adultes me semblaient être des clowns tristes hurlant leur folie. À la frontière de ces deux mondes, mes yeux de l’enfance n’ont retenu que le prix du sang, des guerres. À la frontière de ma fin, entre jour blanc et nuit proche, qu’est-ce qui a changé ?
Enfant du monde, il a le pas hésitant, voire statique. Cela lui permet des haltes improvisées où il puisse, en marge de la société, les troubles de ses contemporains. Il en recrache, sans renâcler, les travers ostentatoires d'une société qui s'agrippe aux convictions qu'on lui vend sans état d'âme. Errant souvent, en suivant le vent, il sait que les ballons rouges de l’enfance franchissent sans peine toutes les frontières des songes dès que l’adolescence pose son manteau d’ange au pic de l’âge adulte. Tétanisé, alors il réalise que les fourmis rouges ne sont que l’âme noire des gens pressés qui œuvrent à la destruction du monde. Lors de ses pas de côtés, Il prend conscience que les frontières ne sont que des traits dessinés sur des cartes routières qui mènent là où souvent on pense le monde plus grand.
Le poète est transparent tant il se nourri de ses rêves, tant il suit du regard le vol des mouettes ou la fuite d’un voilier sur le bleu de l’océan. Dans ces instants T, souvent il a la gorge nouée de tant de privation. À la frontière de l’amour, il hésite et il préfère le silence pour ne pas réveiller les chemins de l’insouciance, ainsi pour lui les frontières de l’acceptable deviennent les murs de son refuge.
Comme lui, je n’ai pas eu de ballon rouge et mon cœur est resté à la frontière de l’invisible. Comme lui je n’ai rien demandé lorsque j’étais gosse et les billes dans mes mains filaient se perdre dans des trous de sable creusés dans des terrains vagues, là où il n’y avait pas de frontière. Déjà prisonnier d’un monde qui me heurtait je restais en marge pour observer le théâtre fou où les adultes me semblaient être des clowns tristes hurlant leur folie. À la frontière de ces deux mondes, mes yeux de l’enfance n’ont retenu que le prix du sang, des guerres. À la frontière de ma fin, entre jour blanc et nuit proche, qu’est-ce qui a changé ?
