Ronde des chats
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Quand j’ai croisé le chat noir
Dans son costume du soir,
Ses yeux brillaient de malice.
Il m’a dit d’un air complice :
‘’Sais-tu garder un secret
Sans un soupçon de regret ?’’
Puis, sautant sur la margelle,
S’est assis près de sa belle.
Le chat noir et le chat roux,
Le chat tigré, le chat blanc
S’étaient donné rendez-vous
Entre les pieds d’un vieux banc.
J’ai caressé le chat roux
Dont le poil était si doux
Qu’en y cherchant la fortune
J’ai découvert que la lune
Y flânait, s’y arrêtait
Et grandement s’y plaisait,
Frôlant de sa transparence
Le velours feu du silence.
Le chat roux, le chat tigré,
Le chat blanc et le chat noir
De conserve ont décidé …
Mais quoi donc ? Allez savoir …
Lors, j’ai vu le chat tigré
Tapi, comme retiré,
Sous l’ombre d’une voiture.
Aussi furtif qu’un murmure,
Il attendait, il guettait,
Et tout son corps frémissait
De l’ivresse de la chasse,
Soudaine, intense et fugace.
Le chat tigré, le chat blanc,
Le chat noir et le chat roux
Ne redoutent pas le clan
Des chiens, des loups, des hiboux.
Le beau, le grand, le chat blanc,
De loin le plus élégant,
Se prenant pour un poète,
A poussé la chansonnette.
Mais son art du tremolo
Et son sens du vibrato
N’ont été récompensés
Que d’ovnis très fort lancés.
Le chat blanc et le chat noir,
Le chat roux, le chat tigré,
Sur un clin d’œil d’au-revoir,,
Comme l’éclair ont filé.
