La machine
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L’émotion, tirée aux cheveux
Fait s’abstenir le gros de l’audace !
Comme au soleil lentement fuit l’orage,
Tu te dissoudras, promesse ! au vent des vœux…
Ainsi l’on est, l’on devient, si jeune - et si vieux,
D’un cœur refréné ! la machine encore en rodage...
Tout, dès lors, déprime et harasse.
Depuis moi, cette étrangeté,
« Je » semble ce jour qu’on croit de l’autre ;
Et tel que fut Pétrarque - un roi de Laure -
Votre effroyable reflet, son teint gâté
Où se devine et bouge un ange déjanté,
Frère, séraphin, mais suppôt fort des fleurs de l’ordre !
… Et l’on est de soi seul l’apôtre.
A force musique jouer
- Pour les sourds - plaire et monter le rire
Au sein des sens ; faire briller l’araire
Et passer si près, mais toujours échouer !
… Moi, mal ! Tous ces gens ? l’enjeu qui les fait juger !
Bonheur, joie et malheur, d’une espèce d’hétère ?
Pour le prix douloureux d’écrire.
