Désespoire
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Le ciel est cousu de nuages ce soir, comme le monde est tissé de fils blancs. Je me déshabille de vos promesses, de vos mensonges drapant les espoirs. Je noie mes songes dans l’enfer des liqueurs, Et mon cœur saigne d’encre sur mes jupes trop courtes pour être respectables face au ventre insatiable de la plèbe. Je vais me rhabiller d’injures comme l’on se love dans les étoffes d’orient, j’irai pleurer l’univers sur un comptoir d’ivrognes. Je referai le monde du mieux qu’il peut être rebâti un samedi soir. Je crèverai de vos compliments avant que nos liens ne se tressent. Détresse. Je vais mourir de nos insignifiances, des grandes paroles érigées en vérité, des vérités tuées dans les gorges. Mes initiales ne seront jamais brodées de soie. Et ce soir, pourtant, je vais coudre les phrases entre elles pour m’en faire une couverture détestable à la lueur des perséides.
