Contraintes et plaisir de l'élagage
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Je sens l’odeur du bois, le parfum de la sciure,
Un soupçon de moisi, des senteurs de nature,
Quand m’adonnant soudain aux travaux d’élagage
Je redécouvre enfin les plaisirs d’un autre âge.
“Ecoute bûcheron, arrête un peu le bras”,
Proclamait le poète attristé du combat
Que livrait l’homme à l’arbre, aux naïades cachées,
Victimes, pensait-il, de forces relâchées.
Pourtant il me faut bien un jour intervenir
Pour contenir un peu les ombr’s envahissantes,
Couper les rameaux morts ou les branches gênantes
Que mon proche voisin dit qu’il ne peut souffrir.
Contre mauvais’ fortun’ faisant alors bon cœur,
Je prends ma scie, ma hache, j’entreprends l’élagage,
Perturbant des oiseaux les agréables chœurs,
Et je retrouve enfin les plaisirs d’un autre âge.
J’hume l’odeur du bois, le parfum de la sciure,
Et vivant au grand air, m’enivre de nature.
