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Fantômes
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Thésaurisant les horizons,
Dans l’enfer atroce des mondes,
J’ai pleuré l’or perdu des blondes.
Fières Jocastes et Jocondes,
Grisettes, rousses et Lisons…

A ma solitude s’oppose
La sollicitude de l’art,
L’amour grimé, qu’à chaque écart
Ma phrase verse, avec le fard
Déguisant les ombres de rose…

Mais rosses sont les vouivres qui,
Oubliant nos amours sublimes,
Posent aux sibylles d'abîmes
En fustigeant d’insanes cimes
Où je noierais, dans le raki,
L’ivresse sourde de la fable !

Vous, mes rêves jamais tenus,
Vous mes grives, pouvoir, ténus,
Revoir venir vos rires nus
Serait d’un espoir formidable !

Le lierre noir du souvenir
Pousse ses vrilles et ses lames
Et toutes les larmes des âmes
Mortes mordent - j’aime les femmes !

Mon cœur est lourd comme un menhir,
En moi, loir, amant qui sommeille,
Pleurent les émois partagés,
Les gages liges, même âgés,
De nos orages orangés…

- Le temps passe, et le passé veille.

Princesses qui m’étaient précieuses
A me rendre un amour certain,
Nous partageâmes le destin…

- Jocastes, Jocondes, ma main
S’est posée à la délicieuse
Souplesse dont votre esprit m’use.

Et c’est vrai, ma vue est vicieuse,
A ces courbes qu’un dieu malin
Offrit à la douceur des paumes,
A la violence ivre des hommes !

O mes tendresses et symptômes,
Pour toujours !
Mon ciel opalin.

© Poème posté le 27/11/2022 par Salus

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