L’élaphe
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… ! Perce un cerf effaré le touffu des buissons !
- Déjà son œil m’observe, il souffle, inquiet, tressaille,
- C’est la saison qui tue, et toute heure est bataille !
On entend les abois, au loin, des chiens ; cent sons
Alarmants et cruels pour la bête inhabile,
A son cœur affolé bat un tambour de peur.
Et soudain, s’arrachant de sa brève torpeur,
Il fuit !
Je reste assis dans mon automobile.
Toute misère m’envahit
Pensant à la bête traquée
Avec sa robe de padou ;
A l’humanité détraquée,
A la faune âpre dont survit
L’animal fauve rendu fou.
