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Exoplanète

Notre vaisseau interplanétaire vient d’aborder un système solaire situé dans la galaxie naine du Grand Chien. Nous abordons une planète étrange et après en voir fait plusieurs fois le tour, nous nous stabilisons au dessus d’une zone où des êtres vivent nus sous un couple de soleils qui illuminent le paysage aride. Même la nuit doit être éclairée car trois petites lunes se disputent l’espace constellé d’une myriade d’étoiles. Arya, notre télépathe, perçoit un flux d’ondes et grâce à son pouvoir nous fait voir une scène en holographie tridimensionnelle.
Deux hominidés se tenant par la main s’avancent sur un chemin caillouteux et se dirigent vers la grotte qui s’ouvre au flanc de la montagne. Au fond de la cavité, dans la pénombre, une statue féminine, opulente, aux seins lourds et volumineux est posée sur un piédestal. Elle est auréolée par une multitude de bougies posées à même le sol derrière le socle.
L’homme et la femme, car nous nous sommes rendus compte qu’ils étaient en tout point semblables à nous, se prosternent devant celle-ci et psalmodient dans une langue inconnue mais aux sonorités étrangement familières.
Tout d’abord l’homme saisit une cruche posée aux pieds de la statue et verse sur son corps un liquide épais aux teintes rougeâtres et phosphorescentes. Il oint ses parties sexuelles avec délicatesse jusqu’à ce que son membre soit turgescent et rigide. Saisissant ensuite sa compagne par les aisselles, il enduit délicatement sa poitrine et son bas ventre jusqu’à ce que, dans la pénombre, seuls ces organes luisent dans l’obscurité. Les deux personnages se dressent alors face à la statue et, les mains derrière la nuque, la tête baissée en signe de soumission, incantent sur un rythme saccadé un chant à l’adresse de leur imposante déesse.
Puis, tous les deux face à face, ils s’enlacent violemment et dans des à-coups violents, l’homme pénètre la femme et, sur le fond faiblement éclairé de la grotte, seuls restent perceptibles les parties enduites de liquide phosphorescent qui tressautent sur un rythme effréné… Durant de longues minutes nous restons ébahis devant ce spectacle érotico-spirituel où le couple s’adonne à une relation empreinte d’une force déifique qui procure une intervention divine à cet acte charnel.
Au summum de cette communion divine, l’homme impulse la vie dans le corps de sa compagne et un embrasement des deux corps qui semblent n’en faire plus qu’un illumine toute la grotte de cette clarté phosphorescente qui a pris naissance à la rencontre du Yin et du Yang, du mâle et de la femelle. La statue elle-même, mimétisme du Dieu Hindou Shiva étend ses quatre bras protecteurs sur ce couple, symbole de la création d’un monde nouveau à l’image d’un immense phallus qui va générer une civilisation où l’amour sera roi.
Pierre Schneider, dit Peire Lo Sastre © copyright

Tous les poèmes de mon premier recueil sont à retrouver sur les sites de vente, les librairies, auprès de moi dédicacés (me contacter en MP) et sur le site de mon éditeur :
https://librairie.nombre7.fr/poesie-by-nombre7/2818-sac-de-poemes-en-vrac-9782381537573.html

© Poème posté le 20/10/2022 par Peirelosastre

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