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Comme une nef au ventre lourd

Comme une nef au ventre lourd,
sous l'effort écumant, dans sa folle entreprise,
contre la vague qui, dans un grondement sourd,
voit son bel élan qui se brise

comme sur un cheval de frise,
suintant sous le joug, fut le bœuf au labour.
Mais les ans ont passé. La terre cicatrise
et n'entend plus le souffle court

de la race pugnace, aujourd'hui disparue,
qui tirait dans son champ cahoteux sa charrue,
contre une butte s'épuisant.

Mille chevaux de fer ont désœuvré la bête
avec son petit paysan
sur la mer du progrès que jamais rien n'arrête.


© Poème posté le 18/10/2022 par Liberanos

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