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Poème écrit par Gjaril

La terre

Une terre rouge
le sable qui vole
des femmes qui crient
des gosses qui pleurent
Ils dérobent au soleil
tout le sel du monde
pour envahir les rues
d'une moisson de conquêtes
Les trottoirs cassés
les maisons pleines
les poches vides
les chants stridents
Aux étalages
de leurs marchés
la foule porte haut
sous un joug ancestral
la manne des trésors
qui condamne ses richesses
à la tête des femmes
Des couleurs qui brillent
des rires qui partent
des poissons secs
le vent brûlant
Partout des fruits
que la sueur a nourris
Des odeurs fortes
la vie qui bat
les poubelles pleines
les rues bondées
noyées dans un monceau
de trop pleins à brader
La vie comme elle va
sous le règne perpétuel
d'un soleil au zénith

Sur une friche
tout un cheptel
le ventre creux
traque l'herbe rousse
aux bas-côtés
Pauvre misère
jamais très loin
qui grouille de vie
ici ou là
Près des manguiers
des hommes assis
convoitent les filles
qui les envoutent
et les enivrent
de leurs jeunes sexes
à fleur de peau
L'odeur du bois
L'odeur des rues
L'odeur du sable
L'odeur des routes
que la chaleur
et les orages
cassent et lézardent
Et sur cette croûte
l'herbe repousse
déjà brûlée
avant de pousser
et le temps suinte
un immortel été
en chacune des pages
de son éternité
Un jour comme un autre
sur une terre qui parle
à celui qui l'écoute.

Tous droits réservés © Poème posté le 03/08/2022 par Gjaril

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