Lonesome stranger
1
L'idée – c'est qu'il avance, solitaire
gardien, à travers l'immensité... Et qu'il
lui reste une longue, longue route à faire
avant d'enfin se retrouver, là-bas, où on l'attend
- chez lui !... Où on l'attend peut-être. Car,
au fond, il ne serait pas tellement
invraisemblable que personne, là-bas,
n'attende plus : baste, depuis le temps !
On dirait que des siècles et des siècles ont passé.
Les grands espaces peu à peu se sont peuplés, mais plus
les gens y sont nombreux et plus c'est le désert.
Partout sont apparus d'étranges monuments au cours
des âges : pyramides, cathédrales qui visent les étoiles,
mosquées en forme de mamelles, minarets phalliques,
pagodes hérissées comme ces molochs prenant le soleil
au sommet des Pinacles du Namburg Park,
tours de verre que traversent les nuages :
tout un Utah, en somme, édifié par cette sorte de termites
que sont les êtres humains, avec leur courte
vie passée à ravager, à ravauder, à reconstruire
indéfiniment – un peu moins bien, chaque fois ! -
les êtres humains qui, si l'on veut bien entendre « humain »
comme on l'entendait autrefois, sont plus proches
d'animaux disparus du genre tyrannosaurus
que des ces innocents loups ou crocodiles
auxquels c'est faire insulte que d'oser les comparer !
Un peu moins bien chaque fois ; semble-t-il avec
pour seule ambition la Destruction Ultime
comme s'il était urgent de rendre évidente
la victoire du désert
gardien, à travers l'immensité... Et qu'il
lui reste une longue, longue route à faire
avant d'enfin se retrouver, là-bas, où on l'attend
- chez lui !... Où on l'attend peut-être. Car,
au fond, il ne serait pas tellement
invraisemblable que personne, là-bas,
n'attende plus : baste, depuis le temps !
On dirait que des siècles et des siècles ont passé.
Les grands espaces peu à peu se sont peuplés, mais plus
les gens y sont nombreux et plus c'est le désert.
Partout sont apparus d'étranges monuments au cours
des âges : pyramides, cathédrales qui visent les étoiles,
mosquées en forme de mamelles, minarets phalliques,
pagodes hérissées comme ces molochs prenant le soleil
au sommet des Pinacles du Namburg Park,
tours de verre que traversent les nuages :
tout un Utah, en somme, édifié par cette sorte de termites
que sont les êtres humains, avec leur courte
vie passée à ravager, à ravauder, à reconstruire
indéfiniment – un peu moins bien, chaque fois ! -
les êtres humains qui, si l'on veut bien entendre « humain »
comme on l'entendait autrefois, sont plus proches
d'animaux disparus du genre tyrannosaurus
que des ces innocents loups ou crocodiles
auxquels c'est faire insulte que d'oser les comparer !
Un peu moins bien chaque fois ; semble-t-il avec
pour seule ambition la Destruction Ultime
comme s'il était urgent de rendre évidente
la victoire du désert
