La troïka
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Sur la blanche plaine immaculée
La troïka glisse dans le froid
Clochettes sonnant dans la forêt
Dans les chaudes fourrures parfois
On aperçoit un joli minois
Celui d'une jeune demoiselle
Celle dont le regard ensorcelle
Revenant du bal, à tire d'ailes
A minuit, la troïka, fatal
Fondra en passoire de métal
Il n'est pas encore l'heure mais
Le temps presse à présent, très mauvais
Dans la nuit gelée de la forêt
Où s'entend le hibou hululé
Les chevaux maintenant au galop
Piaffent et foncent comme taureaux
Lachés dans une arène incertaine
Du sort qui leur sera jeté, haine
Surement moins humaine, aussi il
Faut filer loin de ces maléfices
Qui pourraient les changer en saucisses
Brillent les lumières de la ville
A l'église sonnent premiers coups
De minuit; au loin les cris des loups
La belle est sauvée enfin finie
La course des chevaux effrénée
Elle va pouvoir s'allonger puis
Rêver au prince noir de la nuit
Celui qui la fit tant tournoyer
En cette belle soirée magique
Oubliant tous les sorts maléfiques
