Rossiia moïa
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J'irai plus haut que les sommets,
Je toucherai de l'empyrée
Les purs soupirs les plus secrets.
J'embrasserai la neige ailée
Tapie entre les doigts du temps
Et dans la mémoire impalpable
Des forêts de longs bouleaux blancs,
Ô Russie, ma terre ineffable !
Je galoperai sur la plaine,
Jusqu'où le vent plonge aux reflets
Du grand lac où la nuit sereine
Console du cœur les regrets.
Là, j'apprendrai ce chant paisible
Qui parle d'âme et d'un chemin
Tissé d'azur et d'invisible
Et d'un pétale du matin.
J'écouterai l'appel vibrant
De la cloche lente et profonde,
Et l'encens vaste et odorant
Portera le berceau du monde.
Des cierges seront allumés
Dans la pénombre des icônes,
Et les vieux lutrins ouvragés
Leur feront des écrins, des trônes.
Où que je sois, loin de ta rive,
Je te garde aux intimes plis
De ma pensée, ô toi si vive,
Si riche de tant d'infinis !
Ô ma Russie, combien de soirs,
Combien de trains épris d'aurore,
Combien d'élans, combien d'espoirs
Sauras-tu éveiller encore ?...
Un pays que j'aime depuis longtemps
et auquel je ne retire pas mon amour
et auquel je ne retire pas mon amour
