Quand notre mère veille
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Celle qui m'a conçu, porté pendant neuf mois
Mérite c'est certain pour des milliers de choses,
Ces mots qui, dans mon cœur, imitent le hautbois,
L'étonnante saveur des grands bouquets de roses.
Au clocher de mon spleen, quand sonne l'angélus,
Un sentiment divin enveloppe mon âme
Et lance des bijoux sur mes jours dissolus,
Des moments merveilleux que le rêve réclame.
Si je tourne aujourd'hui mes yeux vers autrefois,
Je retrouve un pays, une terre lointaine
Parfumé par les fleurs, chaque heure dont le poids
Dépose son bonheur aussi bien que sa peine.
Si je pouvais demain revenir à pas lents,
Sur le chemin semé d'or, vers l'enfance heureuse ;
Celle que je voudrais revoir à son printemps,
Riche de ses trente ans, à la mine joyeuse
C'est bien elle, ma mère, à son point culminant,
Retrouver tout à coup une moisson paisible,
De rire et de blé mûr, encrier de l'enfant,
Revivre chaque joie, être encore la cible
De l'amour maternel, le plus beau, le plus grand,
Fait de baiser, de lait, de chant doux à l'oreille,
Chaud comme un jour de mai, de soleil ruisselant,
Fait de silence d'or quand notre mère veille.
J'aimerais recueillir, au devers du Mont-Bart
La tendre violette et la blonde jonquille,
Afin de voir fleurir de l'or dans son regard,
Soustraire à l'âge ancien un plaisir de myrtille.
Ranimer au sous-bois l'innocence des fleurs,
Combien je donnerais pour offrir la jouvence,
Un deuxième printemps aux changeantes couleurs
À celle que mes vers aujourd'hui récompense.
Mérite c'est certain pour des milliers de choses,
Ces mots qui, dans mon cœur, imitent le hautbois,
L'étonnante saveur des grands bouquets de roses.
Au clocher de mon spleen, quand sonne l'angélus,
Un sentiment divin enveloppe mon âme
Et lance des bijoux sur mes jours dissolus,
Des moments merveilleux que le rêve réclame.
Si je tourne aujourd'hui mes yeux vers autrefois,
Je retrouve un pays, une terre lointaine
Parfumé par les fleurs, chaque heure dont le poids
Dépose son bonheur aussi bien que sa peine.
Si je pouvais demain revenir à pas lents,
Sur le chemin semé d'or, vers l'enfance heureuse ;
Celle que je voudrais revoir à son printemps,
Riche de ses trente ans, à la mine joyeuse
C'est bien elle, ma mère, à son point culminant,
Retrouver tout à coup une moisson paisible,
De rire et de blé mûr, encrier de l'enfant,
Revivre chaque joie, être encore la cible
De l'amour maternel, le plus beau, le plus grand,
Fait de baiser, de lait, de chant doux à l'oreille,
Chaud comme un jour de mai, de soleil ruisselant,
Fait de silence d'or quand notre mère veille.
J'aimerais recueillir, au devers du Mont-Bart
La tendre violette et la blonde jonquille,
Afin de voir fleurir de l'or dans son regard,
Soustraire à l'âge ancien un plaisir de myrtille.
Ranimer au sous-bois l'innocence des fleurs,
Combien je donnerais pour offrir la jouvence,
Un deuxième printemps aux changeantes couleurs
À celle que mes vers aujourd'hui récompense.
