Le Torero
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Le torero s'habille dans un silence sépulcral,
Il lisse ses paillettes comme des fleurs de cristal,
Une prière à la Vierge, il en a bien besoin,
Pour supplicier un innocent, il faut bénir un moins que rien.
Dans l'arène chauffée par une foule en délire,
Il apparaît soudain et savoure son plaisir,
Il brille et il scintille, c'est un vrai matador,
Hélas dit le dicton, tout ce qui brille n'est pas d'or,
Puis surgit l'animal, affolé dans cette cage,
C'est parce qu'il va mourir que les ignares s'enragent.
Et il tend le jarret, notre faux Hannibal,
Ses tournures circassiennes l'affublent de fatal,
Faire danser un taureau, peint à la térébenthine,
C'est un sinistre Pierrot qui fait valser Colombine,
Et toutes ses pirouettes qui collent la bravoure à l'allure,
Font qu'il peut torturer sous couvert de culture.
Les flots de sang s'écoulent au ballet des banderilles,
Comme des rubis aux couleurs mortuaires,
Le taureau sent sa vie qui fuit et s'éparpille,
A mesure que le diable veut lui faire toucher terre,
Et sur le sable chaud, c'est la tête baissée,
Qu'il achève en râlant sa souffrance cachée.
L'épée plonge une fois, le taureau est conscient,
Et l'air le fait souffrir, et le sang se répand,
L'épée plonge à nouveau et on le croit bien mort,
On coupe les oreilles et la queue, la langue se tend encore,
Il est traîné, toujours agonisant,
Le bourreau applaudit, n'a tué qu'un gisant.
Il lisse ses paillettes comme des fleurs de cristal,
Une prière à la Vierge, il en a bien besoin,
Pour supplicier un innocent, il faut bénir un moins que rien.
Dans l'arène chauffée par une foule en délire,
Il apparaît soudain et savoure son plaisir,
Il brille et il scintille, c'est un vrai matador,
Hélas dit le dicton, tout ce qui brille n'est pas d'or,
Puis surgit l'animal, affolé dans cette cage,
C'est parce qu'il va mourir que les ignares s'enragent.
Et il tend le jarret, notre faux Hannibal,
Ses tournures circassiennes l'affublent de fatal,
Faire danser un taureau, peint à la térébenthine,
C'est un sinistre Pierrot qui fait valser Colombine,
Et toutes ses pirouettes qui collent la bravoure à l'allure,
Font qu'il peut torturer sous couvert de culture.
Les flots de sang s'écoulent au ballet des banderilles,
Comme des rubis aux couleurs mortuaires,
Le taureau sent sa vie qui fuit et s'éparpille,
A mesure que le diable veut lui faire toucher terre,
Et sur le sable chaud, c'est la tête baissée,
Qu'il achève en râlant sa souffrance cachée.
L'épée plonge une fois, le taureau est conscient,
Et l'air le fait souffrir, et le sang se répand,
L'épée plonge à nouveau et on le croit bien mort,
On coupe les oreilles et la queue, la langue se tend encore,
Il est traîné, toujours agonisant,
Le bourreau applaudit, n'a tué qu'un gisant.
J'ai voulu rendre hommage à ma manière à tous ces taureaux martyrisés, torturés, qui payent de leur vie et de leur souffrance, un spectacle macabre que l'on nomme tradition.
