Un piètre cataplasme
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Demain, quand seront morts tous les poètes,
Qui chantera les concerts et banquets,
Les bals plaisants donnés en grande fête
Par les saisons coulant du sablier ?
Qui pour saisir l’éclat de la rosée,
La mélodie d’un oiseau sur sa branche,
Cet étrange nuage en son ballet
Qui semble distendre sa trainée blanche ?
Qui pour ouïr la mer dans un coquillage
En écoutant son bruit d’orgue lointain,
Jouir de l’écume jetée au rivage
Jusqu’à la sombre verdure des pins ?
Qui pour évoquer la grandeur passée,
Enluminée, posée sur des vitraux,
Bientôt troublée, de Raison éclairée
Par les idées de Jean-Jacques Rousseau ?
Qui pour dénoncer le mal à venir
En donnant aux mots l’allure de plaintes,
D’intenses cris qui ne veulent faiblir
Avant que misères ne soient éteintes ?
Qui encore pour changer de futur
Et le parer de plus décents atours
En faisant tomber un à un les murs
Sous les armes luisantes de l’amour ?
Ils tentent pourtant passer le relais
Du fond blessé de leurs humbles retraites,
Enseignant à qui veut, l’art des sonnets…
Mais les rimailleurs ne font plus recette.
Le monde des hommes est en plein marasme…
Si rien n’est sauvé par la poésie,
Si elle n’est qu’un piètre cataplasme,
Sans elle pourtant que serait la vie ?
Qui chantera les concerts et banquets,
Les bals plaisants donnés en grande fête
Par les saisons coulant du sablier ?
Qui pour saisir l’éclat de la rosée,
La mélodie d’un oiseau sur sa branche,
Cet étrange nuage en son ballet
Qui semble distendre sa trainée blanche ?
Qui pour ouïr la mer dans un coquillage
En écoutant son bruit d’orgue lointain,
Jouir de l’écume jetée au rivage
Jusqu’à la sombre verdure des pins ?
Qui pour évoquer la grandeur passée,
Enluminée, posée sur des vitraux,
Bientôt troublée, de Raison éclairée
Par les idées de Jean-Jacques Rousseau ?
Qui pour dénoncer le mal à venir
En donnant aux mots l’allure de plaintes,
D’intenses cris qui ne veulent faiblir
Avant que misères ne soient éteintes ?
Qui encore pour changer de futur
Et le parer de plus décents atours
En faisant tomber un à un les murs
Sous les armes luisantes de l’amour ?
Ils tentent pourtant passer le relais
Du fond blessé de leurs humbles retraites,
Enseignant à qui veut, l’art des sonnets…
Mais les rimailleurs ne font plus recette.
Le monde des hommes est en plein marasme…
Si rien n’est sauvé par la poésie,
Si elle n’est qu’un piètre cataplasme,
Sans elle pourtant que serait la vie ?
