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A deux mains
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Aux divagations du grand ciel
Où mon âme vagabondait,
Dans ces désirs immatériels
Qui me viennent, les yeux fermés,

D’un frôlement de duvet d’aile,
De la plume bleue d’un regard,
J’ai senti glisser ses dentelles
Sur ma défroque de bagnard.

Elle avait l’aura d’un bel ange
Sur ma joue, soudain irradiait
Une lumière d’or étrange,
Si rare que j’en suffoquais.

Tiré du sommeil où j’étais,
Écarquillant mes yeux sur elle,
Je dus quelques fois me pincer :
Mais elle était bien là, réelle.

Cette histoire subtilisée,
Ce rêve volé à la nuit,
Voilà qu’il se concrétisait,
Tapissant de satin ma vie…

Je fixais le clair de ses yeux
Où j’entrais comme en un jardin
Et semés y trouvais, mon Dieu,
Les plans précis de mon destin.

Je sus l’attirer contre moi,
Avec quels mots, je ne puis dire,
Avais-je seulement ma voix…
Elle seule pourrait le dire.

Le bonheur avait ce visage,
Au bord tranquille du chemin,
Que prend l’été la fleur sauvage…
Nous la cueillîmes à deux mains.


© Poème posté le 23/04/2022 par Fregat

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