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Le sabbat
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Voici qu’au ciel paraît l’ombre d’un mouton noir
Sur le blanc de la nue, la sorcière frémit
C’est le signe d’envol dans l’antique grimoire

Le cortège exalté fend l’espace infini
Chacun drapé de nuit comme des mauvais anges
Et que l’enfer appelle au sabbat de minuit

Émergeant du brouillard quelques pierres étranges
Encerclent pesamment ce monde halluciné
Qui honore Satan d’un concert de louanges

Lassés d’avoir en vain au ciel tambouriné
Les pauvres gens tirent le diable par la queue
Et voilà aussitôt l‘homme au Maître enchaîné

Les enfants font brouter le sol marécageux
A d’étiques crapauds revêtus d’écarlate
Portant sonnette autour de leur col verruqueux

Et les sons discordants des tuyaux d’orgue éclatent.
Autour d’un autel d’or l’assemblée communie
Dans le ton sulfureux d’une leste cantate

Un ignoble banquet suit la cacophonie
Avant l’exécution d’une ronde infernale
Prélude à la luxure et aux jeux interdits

Mais le coq a chanté fermant la bacchanale
Sorciers et envoûteurs retrouvent la raison
Le balai gît au sol près du foyer bancal

Et les sens apaisés exsudent leur poison

© Poème posté le 22/04/2022 par Cardaline

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