Je garde le troupeau des étoiles lointaines
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Quand arrive juillet, je m'en vais à la messe
Que donne la fauvette et l'humble roitelet,
Mon église est un temple où l'aube, est la déesse.
J'ai bâti mon alcôve au cœur d'une forêt;
Loin des hommes, auprès de la scille et l'abeille,
Ma muse y puise l'or, au pertuis du sous-bois
Où la source en douceur, caresse mon oreille.
Parfois passe à l'orée une biche aux abois,
Le silence la suit, sous la robe émeraude
Au royaume des lys, puis elle, disparaît;
Quelquefois sans raison mon regard en maraude
Découvre un vrai trésor, telle perle au coffret,
Un sabot de Vénus, l'insolite ancolie.
Qu'importe où je me trouve, aux abords d'un ruisseau,
Dans un vallon sauvage où la joaillerie
Des grappes de soleil, sidère le badaud;
A l'école du vent je subis l'influence,
Des jaune papillons, de l'aubépine en fleur,
Le sylvestre terroir c'est ma mignonne France;
Dans le calme des bois, j'aime entendre un siffleur,
Comme le rossignol, tout autant la fauvette,
J'adore le frisson, le friselis léger
D'une timide source où rêve tout poète;
Au concert des grillons, mon cœur est un berger
Ses vers sont des bouquets, et les rimes, des reines
Quand arrive le soir comme une grive au nid,
Je garde le troupeau des étoiles lointaines,
En accordant ma lyre aux pâleurs de la nuit.
Ne me demandez pas d'être un témoin du monde,
La faune me suffit; à l'ombre d'un arceau
Chaque herbe m'enlumine et chaque fleur, m'inonde,
Au pouvoir d'un sous-bois je deviens un oiseau.
Que donne la fauvette et l'humble roitelet,
Mon église est un temple où l'aube, est la déesse.
J'ai bâti mon alcôve au cœur d'une forêt;
Loin des hommes, auprès de la scille et l'abeille,
Ma muse y puise l'or, au pertuis du sous-bois
Où la source en douceur, caresse mon oreille.
Parfois passe à l'orée une biche aux abois,
Le silence la suit, sous la robe émeraude
Au royaume des lys, puis elle, disparaît;
Quelquefois sans raison mon regard en maraude
Découvre un vrai trésor, telle perle au coffret,
Un sabot de Vénus, l'insolite ancolie.
Qu'importe où je me trouve, aux abords d'un ruisseau,
Dans un vallon sauvage où la joaillerie
Des grappes de soleil, sidère le badaud;
A l'école du vent je subis l'influence,
Des jaune papillons, de l'aubépine en fleur,
Le sylvestre terroir c'est ma mignonne France;
Dans le calme des bois, j'aime entendre un siffleur,
Comme le rossignol, tout autant la fauvette,
J'adore le frisson, le friselis léger
D'une timide source où rêve tout poète;
Au concert des grillons, mon cœur est un berger
Ses vers sont des bouquets, et les rimes, des reines
Quand arrive le soir comme une grive au nid,
Je garde le troupeau des étoiles lointaines,
En accordant ma lyre aux pâleurs de la nuit.
Ne me demandez pas d'être un témoin du monde,
La faune me suffit; à l'ombre d'un arceau
Chaque herbe m'enlumine et chaque fleur, m'inonde,
Au pouvoir d'un sous-bois je deviens un oiseau.
