C'est une source bleue où se mêle une noire,
Simplement d'y penser, j'entends battre mon cœur,
Ce cours d'eau me sied tant, même plus que la Loire
Qu'il me vient une larme en nommant sa splendeur.
Dans son milieu de fleurs, depuis son promontoire
La petit chapelle au doux nom d'Ermenfroy,
Merveille Catholique, ouvrage ostentatoire
D'un sourire élégant nous le montre du doigt.
Du torrent de l'Alloz, de l'Audeux, résurgence,
En plein pays comtois c'est un rêve éveillé,
L'émeraude et l'azur, dés le Val de Cusance
Se fiance à l'or pur d'une eau vive sacré,
Jusqu'à Pont Les moulins son miroir s'angélise
Grâce aux cordons rocheux, aux pertuis merveilleux
Où pullule la truite au bord d'une ombre exquise,
Que diaprent d'argent les aulnes glutineux,
Paradis du héron, du pêcheur, du poète,
Le Cusancin pour moi, s'il mérite un surnom,
C'est celui de bijou qui me vient à la tête,
Serti dans son écrin d'arbres et de moisson,
L'or pur de son miroir dans ce coin de campagne
Ne peut que faire aimer, non loin de Besançon,
Ce terroir d'herbe tendre où la rive accompagne
La ballade des eaux d'une douce façon,
Sous le couvert ombreux, tout chante, tout palpite,
Fauvettes rossignols, nichent dans des berceaux
Que l'aubépine en fleurs et la ronce bénite
Protègent du renard; sur les verts écheveaux
De fins insectes d'or caressent le silence,
Parmi les jaune iris, l'aurore et le sylvain,
Papillons de l'été, broche de conséquence,
Resplendissent au soleil admirable de juin.
Il est des lieux charmants, dans ma région natale,
Mais avant de mourir il faut voir une fois,
Ce filon romantique où l'éminence dévale;
Qui demeure j'en suis sûr aussi beau qu'autrefois,
A mes yeux simplement il est juste nature,
Un gave lumineux qui ressemble au printemps,
A Baume il offre au Doubs sa divine parure
De perles, de rubis, de joyaux scintillants.
