Le vent du désert
12
Quand le vent du désert surgit des profondeurs
Des cieux incandescents et des dunes brûlantes,
Quand sa voix d’océan prend des accents vengeurs
Et que la soif étreint jusqu’aux ombres tremblantes,
Il faut chercher refuge et trouver un abri
Sous la tente où se tient ce reste de silence
Qui est source pour l’âme, oasis pour l’esprit,
Délassement du corps et sereine béance.
Car le vent du désert, tel un monstre couché
Dans les replis secrets de l’azur intangible,
S’abat sur tout vivant, fût-il blotti, caché
Parmi l’aube du sable ou le soir impassible.
Ce souffle de fureur, comme né des étangs
De soufre où se complaît le maître des abîmes,
Assèche les pensées, les rivages du temps
Et le regard ailé de trop lointaines cimes.
Mais le vent du désert finira par tomber,
Et sa vaine superbe inclinera la tête.
Les étoiles viendront une à une éclairer
Le dais de l’infini où la nuit sera prête.
Alors se répandra le calme des matins,
Alors s’étonnera le silence des dunes.
Dans les replis du temps les sources des lointains
Jailliront à nouveau des soleils et des lunes.
Ce poème est sous-titré "Allégorie de l'adversité"
