le sort en est jeté
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Elle sait, je suis là pour elle pour l’amour
Qui pendant des années nous a guidés toujours.
Pour toute la vie, je suppléerais son regard,
J’aurais pour elle une multitude d’égards.
Elle me regarde, elle ne me voit pas
Terrible maladie cette D.M.L.A.
Elle se meut en recherchant la lumière
L’ombre étant toujours sa cruelle barrière.
Ses pas incertains se perdent dans le néant
Son corps meurtri, déserte comme un mécréant.
Ses mains, parfois, relayent ses yeux qui convoitent,
Mais sa volonté se perd, à gauche, ou à droite.
Sur son beau visage, je peux lire sa joie
Quand elle trouve mes mains pour guider sa voie.
Si seulement ses douleurs s’estompaient enfin
Nous pourrions marquer décisivement la fin.
Mais… la maladie de Parkinson a frappé !
Son corps, déjà affaibli, s’est mis à trembler.
Nous entraînant tous les deux dans le désespoir,
Nous forçant à lutter du matin jusqu’au soir.
Un lourd traitement aux multiples comprimés,
À ingurgiter chaque heure sans se blâmer.
Des nuits perdues, irréelles de soubresauts,
Provoquant chez moi d’épouvantables sursauts.
À cette heure, je suis ses yeux, je suis ses mains,
Heureux de pouvoir encor l’aider, c’est certain.
Notre sublime union de soixante-trois ans
Ne cédera pas aux mauvais sorts agissants.
Le sort en est jeté ! je prierais chaque jour
Pour que vive, sans répit, notre bel amour.
Malgré les souffrances, du corps et de l’esprit
Je serais là, fidèle, sans aucun répit.
Daniel Lefebvre
18.02.2022
D.M.L.A., Dégénérescence maculaire due à l’âge.
