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Le premier des hommes
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J’étais triste ce jour-là, je me suis assis sur une pierre.
La pierre était haut sur la montagne, on voyait le ravin
C’était le jour qui montait, et moi sur mon siège voyais
Les ombres d’un nuage qui venaient de la ville.
C’était un jour de paix je crois, car pas un bruit sur la mer
Que je voyais plus loin, qui s’assemblait au ciel

J’ai réfléchi un peu, mes pensées étaient pleines
J’ai soufflé au vent des mots qui n’étaient pas
Dans mon esprit aussi libres que l’air
Et qui, libérés de l’étau, virevoltèrent

Je repensé aux Hommes, à ce qui les fait vivre
J’ai pensé aux choses sérieuses, et j’ai souri un peu
J’ai vu les grands discours, j’ai essuyé mes yeux
Car la pluie était tombée, sans même prévenir

C’était un nuage dans le ciel qui avait
Fait tomber le beau temps de son piédestal
Moi j’étais la en bas, je pensais à nous autres
Qui sommes autant d’éclairs d’un ouragan de rage

L’ouragan qui emporte les élans de tendresse
L’ouragan qui enlève le toit des petites maisons
L’ouragan qui brûle des pages de lignes parallèles
L’ouragan, c’est un fait, m’avait emporté aussi

Je suis arrivé dans une ville morne aux toits de zinc polis
Des rues tristes sans perrons et des visages si sales
Que l’averse battante ne pouvait laver, je les revois encore
Courir après une ombre, qui là-bas s’enfuyaient

Je suis arrivé dans un parc sans personne
Pour me voir, penché sur une flaque d’eau
Voguait un bateau de papier oublié
Je repris ma route dans le quartier désert

J’ai atteint la mer, seul un couple enlacé
S’embrassait, s’aimait, ne se quittait
Moi j’ai couru à l’océan qui souriait
Comme si c’eût été moi le premier.
Libres comme l'air ou lourds comme la pluie qui tombe, c'est à nous de choisir.

Tous droits réservés © Poème posté le 01/01/2022 par Octaveganis

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