Décembre
8
Nulle heure dans le val, seule une ombre de jour
Et la nuit ; le soleil derrière un rideau gris
Se blottit pour l’hiver et sombre en son décours
Dans un linceul d’ivoire orné de draperies
Chaque vie est tapie dans un creux de silence
La rivière figée a cessé son murmure
Sur le glacis luisant né de sa transparence
Le froid sinistrement imprime ses blessures
Le rameau plie soudain d’un trop grand poids de neige
Parfois le bois fendu par l’âpreté du gel
Demeure agenouillé comme pris dans un piège
Et se perd sous l’amas poudreux qui s’amoncelle
Sur le pont doucement une berline roule
Vers la ville envahie de sapins calibrés
Bariolés, clignotant au milieu de la foule
Qui hante le bitume à grands pas enfiévrés
