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Les sans noms
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Les sans noms

Ils étaient perdus marchant comme des bagnards,
Allant vers ce continent aux matins blafards.
Laissant derrière eux, famille, amis, la grisaille,
Radieux, ils allaient, avec courage sans faille.

Ils étaient beaux, jeunes, regardant l’avenir,
Ne posant jamais de freins sur leur devenir.
Ils étaient nés dans un État ivre de frondes,
Qu’ils fuyaient, craintifs, de ses dénuements immondes.

Assurés que leurs idées feraient leur chemin,
C’est avec fougue qu’ils se levaient le matin.
Tout là-bas, dans le froid, perdu, sans lumière,
Hélas ! ce n’est pas le paradis qu’ils trouvèrent.

Nous les appelons les migrants faute de nom,
Des gens qui ont tout perdu sauf l’abnégation.
Ils cherchent de petites prames de misères
En rêvant d’une aide pour traverser la mer.

Pour trouver la bonté, une autre religion
Un peuple royal habitant cette région.
Alors, ils font face avec toutes leurs envies,
Se livrant corps et âmes au péril de leurs vies.

Aujourd’hui encore, les trépas font outrage,
Tous les jours, quelques-uns décèdent sans ambages
Perdant leur pays qu’ils n’auraient pas dû quitter,
Ou ils sont présentement maintes fois cités.

Dans leurs linceuls, réfugiés, sans le moindre écart
Ils sont jolis, ils sont jeunes, mais c’est trop tard.
Ils ne chériront plus leurs pays de cocagne
Idéal dans leurs rêves de vertes campagnes.

Leurs décès témoigneront de leur président,
Qui mène son peuple sur des charbons ardents.
Despote, il vampirise sans le moindre avis,
Et continue de sacrifier de jeunes vies.

Daniel Lefebvre
30.11.2021

© Poème posté le 30/11/2021 par Lefebvre

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