Sonnet lunaire
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Lune clandestine belle comme une bulle
Tu caches ta rondeur derrière un sombre voile
Pour la dernière main au vieux cérémonial
De la résurrection qui suit ton crépuscule
Un fil incandescent, une simple virgule
Accrochée dans le ciel où tremblent les étoiles
Qui se métamorphose en un croissant opale
Dont l’éclat de cristal si froid tintinnabule
Avant de devenir un grand O majuscule
Tu polis ton profil qu’à la fin tu dévoiles
Sourire bienveillant de lèvres ancestrales
Et regard indulgent envers les noctambules
Toi qu’on peut admirer, Sélène enchanteresse
Sans en être aveuglé comme l’astre du jour
Et qui rythme nos vies d’un éternel retour
Ton reflet sur la Terre éclaire comme un lustre
Il idéalise tous les corps qu’il caresse
Et donne à chaque chose une clarté illustre
Les Incas te croyaient épouse du Soleil
Mère des étoiles que la lumière effraye
Cependant je te crois muse des poétesses
Désolée pour les amis poètes masculins mais ça ne rimait pas.
