Supplique pour reposer en paix
14
Mon vieil ami le Temps qui passait par ces bois
M'a chanté ce matin de sa plus belle voix
Que sa fuite est inexorable.
Puis il s'est éloigné, me laissant macérer
Sur la fin du chemin que je dois préparer
Afin qu'elle soit honorable.
Lors, il ne convient plus de remettre à demain
Ce déplaisant moment que l'on nomme examen
Où l'on scrute sa conscience.
Il me faut donc veiller à ne rien oublier,
À ne rien occulter, à ne rien négliger,
À faire œuvre de patience.
Pragmatique et tenace est mon tempérament,
Ainsi que rancunier plus que passablement :
Je ne suis point nuque docile !
Ceux qui fidèlement m'accordent leur amour
Et soutiennent du leur mon pas de chaque jour
N'ont certes pas la vie facile !
Comme tout un chacun j'ai quelques ennemis
Et depuis ma jeunesse assez d'actes commis
Pour redouter le Purgatoire.
Envers moi cependant l'Éternel Tout-Puissant
Se montre si souvent tendre et compatissant :
Sa miséricorde est notoire.
À l'heure où je rendrai mon ultime soupir,
Quand je conjuguerai le présent de mourir,
Quand je quitterai cette terre,
Puissé-je m'en aller sans amertume au cœur,
Puissé-je sans trembler, sans crainte ni rancœur
Franchir le porche du Mystère !
Vous qui me porterez vers mon dernier repos,
Ne narrez point ma vie, gardez-en les échos
Pour vos adieux les plus intimes.
Accordez-moi, de grâce, une messe en latin
Ou l'encens d'un office en rite byzantin
Dont les accents touchent les cimes.
Si je pouvais choisir une tombe à mon goût,
Ce serait une croix d'un bois de rien du tout
Parée d'une icône modeste.
Comme ne puis rêver chapelle ni château,
Simplement en famille, en l'austère caveau,
J'attendrai le séjour céleste.
Mais dans ce cimetière au vieux portail grinçant,
Il n'y a que soleil et vent toujours courant,
Sans ombre où faire un petit somme.
Je m'attacherai donc à ne point trépasser
Avant qu'une bonne âme ait eu soin de planter
Un arbre, un compagnon en somme !
Amis qui m'offrirez vos posthumes saluts,
Soyez bons, je vous prie, déposez par-dessus
Une brassée de fleurs sauvages.
Amis qui me ferez la joie d'être venus,
Adornez, je vous prie, vos posthumes saluts
D'un peu d'azur et de feuillages.
M'a chanté ce matin de sa plus belle voix
Que sa fuite est inexorable.
Puis il s'est éloigné, me laissant macérer
Sur la fin du chemin que je dois préparer
Afin qu'elle soit honorable.
Lors, il ne convient plus de remettre à demain
Ce déplaisant moment que l'on nomme examen
Où l'on scrute sa conscience.
Il me faut donc veiller à ne rien oublier,
À ne rien occulter, à ne rien négliger,
À faire œuvre de patience.
Pragmatique et tenace est mon tempérament,
Ainsi que rancunier plus que passablement :
Je ne suis point nuque docile !
Ceux qui fidèlement m'accordent leur amour
Et soutiennent du leur mon pas de chaque jour
N'ont certes pas la vie facile !
Comme tout un chacun j'ai quelques ennemis
Et depuis ma jeunesse assez d'actes commis
Pour redouter le Purgatoire.
Envers moi cependant l'Éternel Tout-Puissant
Se montre si souvent tendre et compatissant :
Sa miséricorde est notoire.
À l'heure où je rendrai mon ultime soupir,
Quand je conjuguerai le présent de mourir,
Quand je quitterai cette terre,
Puissé-je m'en aller sans amertume au cœur,
Puissé-je sans trembler, sans crainte ni rancœur
Franchir le porche du Mystère !
Vous qui me porterez vers mon dernier repos,
Ne narrez point ma vie, gardez-en les échos
Pour vos adieux les plus intimes.
Accordez-moi, de grâce, une messe en latin
Ou l'encens d'un office en rite byzantin
Dont les accents touchent les cimes.
Si je pouvais choisir une tombe à mon goût,
Ce serait une croix d'un bois de rien du tout
Parée d'une icône modeste.
Comme ne puis rêver chapelle ni château,
Simplement en famille, en l'austère caveau,
J'attendrai le séjour céleste.
Mais dans ce cimetière au vieux portail grinçant,
Il n'y a que soleil et vent toujours courant,
Sans ombre où faire un petit somme.
Je m'attacherai donc à ne point trépasser
Avant qu'une bonne âme ait eu soin de planter
Un arbre, un compagnon en somme !
Amis qui m'offrirez vos posthumes saluts,
Soyez bons, je vous prie, déposez par-dessus
Une brassée de fleurs sauvages.
Amis qui me ferez la joie d'être venus,
Adornez, je vous prie, vos posthumes saluts
D'un peu d'azur et de feuillages.
J'ai écrit ce poème alors que me trottait sans cesse dans la tête la chanson
de Georges Brassens "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète"
Je me suis fait fort de calquer le rythme et la structure de mon texte sur ceux
de Brassens, afin qu'on puisse chanter le mien aussi bien que le sien ;)))
de Georges Brassens "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète"
Je me suis fait fort de calquer le rythme et la structure de mon texte sur ceux
de Brassens, afin qu'on puisse chanter le mien aussi bien que le sien ;)))
