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Le vent et le poète
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Il est cet être que le vent appelle
Pour exprimer le frisson des vallons,
Quand le jour descend, que la nuit recèle
Cette fièvre dont lui seul sait le nom.

Qu’orage tonne ou que soleil rayonne,
Pour lui la Terre est bleue comme une orange*,
L’herbe rit parfois et le caillou sonne,
Son art bilingue tutoie la mésange.

L’élan le porte aussi bien vers les hommes,
Jetés de bon droit sur leur globe infime,
Face à eux-mêmes, au pas d’un métronome,
Qui tentent d’en bas rejoindre les cimes.

Planant de hautes crêtes en crevasses
Où glisse une joie, où coule une peine,
Il fouille ainsi les sillons de l’espace
Qui cachent l’heur et la misère humaine.

La compassion est l'une de ses armes,
Sous la voûte griffée de cœurs meurtris
De sa tendresse il rend compte de drames
aux pleurs amers pour des espoirs détruits.

Sa verve reste tout autant fervente,
D’une force à la fois douce et profonde
Lorsqu’un vers plonge en la source ondoyante
D’où filtre parfois l’amour dans ce monde.

Ses poèmes sont froissés de dentelle
Comme des embruns déliés de l’écume…
Voilà pourquoi toujours il le rappelle :
Le vent aime le poète et sa plume.

* clin d'œil à Eluard


© Poème posté le 30/06/2021 par Fregat

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