Le compost, ou la souffrance comme acte de création
6
La nuit souvent me voit, abattue, sans espoir,
Imbiber un par un d'innombrables mouchoirs
Amassés comme un champ blanc au pied de mon lit
Où me fuit le repos et où, sans foi, je prie.
Quand pointera le jour sur mes tourments passés,
Je cueillerai les mouchoirs et les jetterai
D'une main assurée au compost de dehors,
La fermeté dans l'air et dans l'âme la mort,
Quand les vers auront mangé tous ces amers pleurs
Et fait d'eux un engrais d'où jailliront des fleurs,
Par un beau soir d'été viendront se réunir
Des voisins en familles, qui rempliront de rires
La terrasse autour d'une salade arrangée
De tomates sucrées sorties de cet engrais.
Le tourment sans issue ne craint que deux actions:
La pleine acceptation, l'acte de création.
Imbiber un par un d'innombrables mouchoirs
Amassés comme un champ blanc au pied de mon lit
Où me fuit le repos et où, sans foi, je prie.
Quand pointera le jour sur mes tourments passés,
Je cueillerai les mouchoirs et les jetterai
D'une main assurée au compost de dehors,
La fermeté dans l'air et dans l'âme la mort,
Quand les vers auront mangé tous ces amers pleurs
Et fait d'eux un engrais d'où jailliront des fleurs,
Par un beau soir d'été viendront se réunir
Des voisins en familles, qui rempliront de rires
La terrasse autour d'une salade arrangée
De tomates sucrées sorties de cet engrais.
Le tourment sans issue ne craint que deux actions:
La pleine acceptation, l'acte de création.
