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Une chapelle en Provence
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Il y a la garrigue où l'été s'est couché
Parmi le romarin, parmi le thym sauvage,
Il y a le mistral qui court, ébouriffé,
La lavande froissée, le soleil sans partage.

Là commence un chemin qui conduit à l'écart,
Une sente de terre où le pas se retire,
Où le souffle s'apaise, où se tait le regard,
Où l'âme touche au but où sa quête soupire.

Un porche sans orgueil s'ouvre au simple passant
Dont les pensées cachées demeureront mystère,
Le seuil garde secret l'intime effleurement
Où le coeur va puiser l'oraison solitaire.

La voûte est basse, et l'ombre est un murmure exquis
Où brûlent des bougies sans valeur, immobiles.
Se peut-il que déjà les célestes parvis
Soient l'abri familier de ces flammes fragiles ?

Le silence est chez lui dans le fouillis des bancs
Et parmi la fraîcheur où la pierre palpite.
Le voici qui se tient, assis au creux du temps
Où, pareil aux lointains de la mer, il médite.

Qui prêterait l'oreille à la lenteur des jours
Entendrait qu'au-dehors la lumière stridule
Et que l'aube a déjà ces intenses contours,
Ces senteurs éblouies au bord du crépuscule ...





Inspiré par la chapelle Notre-Dame-de-Pépiole
(Six-Fours - Var), dont l'origine se situe au VIe siècle


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© Poème posté le 09/06/2021 par Ombrefeuille

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