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Lettre à mon ami americain
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Salut,
Ami Américain, je t’écris de l’autre côté de l’Atlantique sur la côte basque, plus précisément à San Sebastián, côté espagnol. Le temps est plutôt ensoleillé, enfin, sauf ces derniers jours où il pleut un peu. On a même eu droit à quelques rafales de vent à décorner les bœufs, comme on dit chez les paysans français.
Bref, j’ai lu, ami Américain, dans un journal, que tu rechignais à intervenir dans le conflit israélo-palestinien qui vient de ressurgir avec les attaques à la roquette des groupes terroristes du Hamas et les réponses israéliennes, suite à des différents à propos de la colonisation. Ami Américain, c’est toi le plus fort depuis quelque temps et tu n’as jamais hésité à t’engager à l’extérieur, à partir de ton île immense. Pourtant, cette fois-ci, je me dis tout humblement que le fait que tu rechignes est une bonne chose pour nous les Eurasiens, et Africain, en particulier pour nous les Français. On se cache souvent derrière toi. Nous avons certains besoins, dont celui de prendre nos responsabilités, de se trouver en première ligne. On est toujours là à développer des opinions, des idées, jusqu’à porter notre voix au-delà de nos frontières.
C’est pourquoi je pense que la France doit dire qu’elle soutient fermement Israël contre les attaques terroristes, même si ce mur n’est peut-être pas aussi adéquate qu’une frontière et que la colonisation du territoire palestinien pose des questions. Cela prendra du temps. Nous tenons au message des citoyens d’Israël. Ces jets de roquettes sont ignobles. Tout le monde a besoin de lisibilité. Nous, les Eurasiens, les Africains noirs ou arabes, les Pygmées, les Européens en commission, les Français et leur manège, les féministes, les grands pieds du Turc, tonton Vladimir, tous les Chinois là-bas, les Indiens sous l’Himalaya, et tout le peuple de l’orient, formons une grande fête de significations. On est tous amis. Même le sauvage dans son île qui accueille l’étranger avec son arc et ses flèches est notre ami. Véritablement, nous sommes tellement curieux les uns des autres. On adore se rencontrer et se connaître de plus en plus. Alors je me dis qu’on va être capable de soutenir la paix au Proche-Orient. Tant qu’on respecte l’intégrité de l’autre, tout en étant vigilant pour certains droits et devoirs. Ne pas dépasser la ligne rouge!
Alors ami Américain, peut-être que tu peux rester un peu en retrait ce coup-ci. On respecte bien sûr la justice internationale. Nous aimons faire les choses par nous-mêmes. Et le Proche-Orient nous est tellement proche. On se reverra sûrement plus tard chez toi, chez nous, avec joie. Ou alors on prendra un verre de vin rouge à Lanzarote. C’est propice. Je dis cela comme une requête. Tout peut changer à tout moment. Mais je crois que les Français ont besoin de faire les choses par eux-mêmes. Je parle tout naïvement pour me sauver, ami Américain.
Je te souhaite tout le mieux pendant ces temps différents. J’espère que tout va bien se passer pour toi et que le COVID sera rapidement un souvenir. Je pense quand même qu’on en a encore pour un an.
Bien amicalement.
Paul Konstantin

© Poème posté le 25/05/2021 par Sébastien Bidault

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