Jérezabel
3
Dans cette rue obscure
Au nu d’un quartier borgne,
Telle Marizibill que tout le monde lorgne,
Elle échangeait, d’argent content,
Le plaisir que de son con tant
Elle distribuait, facile,
A ses clients émus des mille
Charmes mis, nus pour eux,
Etoiles à l’étal,
Au présentoir lascif d’un rêve horizontal !
Mais sous le sein, ça battait triste
Car son interminable liste
D’amants comptait, passé,
Son amour reconnu,
Son amour de jeunesse, et qui s’était mis nu,
Sans vouloir ni savoir, les larmes,
Comme il était de ces gendarmes,
Et goujat l’avait-il, bien sûr,
Traité de pute.
Puis, s’étant rhabillé, sans voir ce qu’il ampute,
Mépris et képi sous le bras,
L’avait payée en billets gras.
Alors, Jérezabel, au grand désert perdue
Guette un peu de courage
Et veut s’être pendue.
