Je regarde la vie s'écouler lentement
Et le monde alentour s'éteindre doucement.
Les jonquilles de mars auront froid cette nuit,
Les oiseaux se tairont au soleil de minuit.
Le vent souffle du nord sous des cieux obscurs,
J'entends ses hurlements et je sens sa morsure.
Le givre va tenir aux carreaux des fenêtres,
La pendule vacille au tréfonds de mon être.
Je verrai le printemps dégagé de ma peur
Quand l'oiseau chantera de nouveau tout à l'heure,
Je verrai refleurir un pays de cocagne
D'une fleur apportée par le vent de l'Espagne.
