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Du havre à paris
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Dans ce Havre de grâce
Sur sa corde raidie
Le bateau en digrâce
Devant la Route s’efface
Sa lenteur le bannit

Sur sa corde raidie
Le marinier observe
Cette double infamie
Les routes ralenties
Les voies d’eau où l’on crève

Le marinier observe
Il songe à autrefois
Un sourire sur les lèvres
Ils travaillaient sans trêve
Hommes de fer, coques de bois

Il songe à autrefois
En face du pont tournant
La batellerie qui choit
Coques de fer, hommes de bois
Le métier expirant

En face du pont tournant
- Il daigne enfin s’ouvrir -
Le marin vigilant
Manoeuvre avec talent
Son modeste navire

Il daigne enfin s’ouvrir
Sur la Seine en partance
Pour ses villes qui se mirent
Aux méandres et s’étirent
Jusqu’au coeur de la France

Sur la Seine en partance
Un antique horizon
Jaillit pour la jouissance
De ce monde en souffrance
Regrettant son renom

Un antique horizon
Clochers sur les collines
Falaises et vieux donjons
Soirées d’accordéons
Souvenirs qu’on rumine

Clochers sur les collines
Et lente traversée
D’une histoire qui décline
Le moteur en sourdine
Vers l’île de la Cité

© Poème posté le 06/03/2021 par Cardaline

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