La solitude ouvrière
3
On a roulé la misère
D’un lit jusqu’à l’autre
Agrippant les bords humains
Aux quatre coins du silence
Sans que l’on ose dire
Les mots qui nous brûlent
Sans que l’on puisse faire
Un faux pas, au grand jour
On époussette les torts
Comme de vieux souvenir
Séchés d’amertume
Sous des bains de copeaux
Je me demande, si je suis,
Un fantôme sans corps
Pour que l’on oublie ainsi
De me couvrir d’un drap
On a collé à mon front
Le poids du quotidien
Qui traîne aux mains rêches
Des piétons du couloir
Je me demande, si demain
J’aurai assez de force
Pour ouvrir la fenêtre
Et que ma vie s’envole
Je me demande, si demain
Quelqu’un viendra me voir
Pour me donner la main
Et me parler des anges
D’un lit jusqu’à l’autre
Agrippant les bords humains
Aux quatre coins du silence
Sans que l’on ose dire
Les mots qui nous brûlent
Sans que l’on puisse faire
Un faux pas, au grand jour
On époussette les torts
Comme de vieux souvenir
Séchés d’amertume
Sous des bains de copeaux
Je me demande, si je suis,
Un fantôme sans corps
Pour que l’on oublie ainsi
De me couvrir d’un drap
On a collé à mon front
Le poids du quotidien
Qui traîne aux mains rêches
Des piétons du couloir
Je me demande, si demain
J’aurai assez de force
Pour ouvrir la fenêtre
Et que ma vie s’envole
Je me demande, si demain
Quelqu’un viendra me voir
Pour me donner la main
Et me parler des anges
