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Tes cheveux maman

Dans le grisonnant territoire
De tes cheveux fins ondoyants,
Il y a toute notre histoire
Accumulée là par les ans.

Il me suffit d’une main douce
De sillonner ses frais chemins
Pour qu’en moi la peine s’émousse
Et que me quittent mes chagrins.

Comme lorsque j’étais l’enfant
Fermant ses bras sur ta ceinture,
Mes doigts sur tes boucles glissant
Toute leur majesté mesure :

Les mouvements de ta crinière
Fleurent l’œillet, le blé, le pain,
Parfums à mes sens nécessaires
Lorsque mon cœur ne bat plus bien.

Ah comme mes lèvres Maman,
Dans ces trois mots qu'ils articulent,
Aiment baiser le bel argent
De ta sublime chevelure…

Pardonne que mes états d’âme
Y flâne encore trop souvent,
La poudrant du blanc qui l’enflamme
A chaque fois plus ardemment.


En ces temps de Covid, je dédis ce poème à toutes les mamans placées en Ehpad (et aux autres!); on dit souvent et à juste titre qu'elles ont besoin pour leur équilibre et leur bien-être des visites de leurs proches, mais la réciproque est aussi vraie, c'est ce dont je voulais témoigner dans ce poème.

© Poème posté le 11/11/2020 par Fregat

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