Un beau matin le croque-mort
Se frottera les mains
En mesurant, satisfait
Mon mètre quatre vingts
Mais ce jour là le pauvre homme
En sera pour ses frais
Pour ce qui est de mes vieux os
Je les laisse à mon chien
En effet comme la foule
Me fout la chair de poule
J'aurai du mal à passer
Toute l'éternité
Au coude à coude serré
Avec des macchabées
Et voilà pourquoi je laisse
Mon copain m'enterrer
Car je sais que grâce à lui
Bienheureux sous la terre
Pour toujours à la montagne
Ou au bord de la mer
je mériterai pleinement
L'oriflamme du poète
Car des vers par milliers
Grouilleront dans ma tête.
