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Passeurs nous sommes

Un train s'ébranle dans la nuit.
Au-delà des toits Vénus veille
Quand le claquement de l'ennui,
Brutal, raisonne à mes oreilles.

Quelques étoiles diapason
Dans la profondeur de l'espace
Vibrent portant à ma raison
Subtils signaux qui s'entrelacent.

Mais cela suffit à lever
Dans la lueur des réverbères
Les mille insectes enfiévrés
Qui bourdonnent comme cerbères.

Cette piqûre de rappel
Opère et la douce paresse
Sur un simple coup de scalpel
Se substitue à la détresse.

Alors je m'efforce en passeur
Tendant la perche à l'écriture,
Veuillez-excuser l'épaisseur
De cet écrit plein de ratures.

Quel accouchement douloureux !
M'efforçant, dis-je, non sans peine
De faire comprendre en pauvre preux
Les moulins à vent de la haine.

Ce sont des penseurs alités
Brassant l'insulte et l'invective
Et monstres de normalité
Qu'Annah Arendt toujours active

En nos mémoires discerna.
Héros de la peur, conformistes,
Que l’hideux maître berna
Dans un grand délire raciste.

© Poème posté le 07/08/2020 par Saintes

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