Rapt
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Ah ! ma merveille, ne m’en veuille
Pas de mon pauvre esprit d’errant,
Ni d’être en outre incohérent,
Car ces pensers que je recueille
Viennent à moi comme la feuille
Va vers la feuille avec le vent.
Et comme ces grands tas d’automne
Qu’un souffle forme et puis défait,
Mon idée est folle, en effet !
Mais comme un tas, l’âme est atone,
- Tu comprendras si je m’étonne -
J’ai peur d’être fou tout à fait !
Dors mon amour, c’est plus tard que
De ta pupille inquisitrice,
Telle la nixe accusatrice,
Cambrant, si ce que tu lus t’arque,
Ce rein que ne connut Plutarque,
Tu me condamneras pour vice !
Je suis à l’envie emmêlé
Mais le son seul n’y suffit pas !
Au tien j’affilierai mon pas,
Ton regard au cil lamellé ;
De tout ton cœur échevelé
- Quel précédent ! tu me suivras.
