Un piano face au jardin
5
Cette maison vide déplore
La solitude d’une chambre
Où la détresse décolore
Des carreaux figés en décembre.
Elle s’y souvient de l'Été,
D’instants moulés dans la tendresse,
Des rêves qu’avait accrochés
A ses rideaux, notre jeunesse.
Emperlant le plafond terni,
Des gouttes disent son épreuve
Avant de tomber de dépit
Comme les larmes d’une veuve.
Quittant cette pauvre mansarde,
Une odeur âcre la poursuit,
Où qu’elle rôde ou se hasarde :
Celle d’un nid sans plus de vie.
Même le chant de sa pendule,
Des heures autrefois comptables,
S’est tu au fond du vestibule
En un silence insupportable.
Mais voilà que le piano gai
Qu’a frôlé les pattes d’un chat,
Réveille de notes heurtées
Son salon qui reprend éclat
Et replonge dans l’atmosphère
De tes longs doigts sur le clavier
Tandis que ton âme solaire,
Aux sonates s’abandonnait.
Sur ton petit banc de velours,
Face aux grands arbres du jardin,
Les murs éclaboussés d’amour
Croient te revoir jouer Chopin.
https://youtu.be/pRprR_0406E
La solitude d’une chambre
Où la détresse décolore
Des carreaux figés en décembre.
Elle s’y souvient de l'Été,
D’instants moulés dans la tendresse,
Des rêves qu’avait accrochés
A ses rideaux, notre jeunesse.
Emperlant le plafond terni,
Des gouttes disent son épreuve
Avant de tomber de dépit
Comme les larmes d’une veuve.
Quittant cette pauvre mansarde,
Une odeur âcre la poursuit,
Où qu’elle rôde ou se hasarde :
Celle d’un nid sans plus de vie.
Même le chant de sa pendule,
Des heures autrefois comptables,
S’est tu au fond du vestibule
En un silence insupportable.
Mais voilà que le piano gai
Qu’a frôlé les pattes d’un chat,
Réveille de notes heurtées
Son salon qui reprend éclat
Et replonge dans l’atmosphère
De tes longs doigts sur le clavier
Tandis que ton âme solaire,
Aux sonates s’abandonnait.
Sur ton petit banc de velours,
Face aux grands arbres du jardin,
Les murs éclaboussés d’amour
Croient te revoir jouer Chopin.
https://youtu.be/pRprR_0406E
